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		<title>Le schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) et la protection des espaces agricoles et des espaces naturels.</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jun 2010 05:37:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Territoires]]></category>

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A publier par la revue POUR &#8211; juin 2010
par Mireille Ferri

Le schéma directeur de la région  Île-de-France est un document de planification dont l’objet est  d’organiser la destination des sols à moyen terme, généralement à 20  ans. La question de la valorisation des espaces ouverts, du maintien  dynamique de l’agriculture comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address><em><strong> </strong></em></address>
<address><em><strong>A publier par la revue POUR &#8211; juin 2010</strong></em></address>
<address><em><strong>par Mireille Ferri<br />
</strong></em></address>
<p><a href="http://farm4.static.flickr.com/3040/3080140035_4e7983e207_t.jpg"><img title="Paris plage ?" src="http://farm4.static.flickr.com/3040/3080140035_4e7983e207_t.jpg" alt="" width="100" height="75" /></a>Le schéma directeur de la région  Île-de-France est un document de planification dont l’objet est  d’organiser la destination des sols à moyen terme, généralement à 20  ans. La question de la valorisation des espaces ouverts, du maintien  dynamique de l’agriculture comme de la valorisation des espaces naturels  s’impose donc immédiatement comme centrale dans les négociations qui  rythment son élaboration.</p>
<p>Pour tenter de retracer de façon  synthétique le cheminement suivi pour créer de nouveaux outils de  protection et de valorisation des espaces ouverts dans le SDRIF, il  convient d’abord de revenir sur deux des aspects majeurs de sa genèse.  Le premier concerne le jeu d’acteur : le pilotage de ce document par la  région Île-de-France a nécessité une concertation très large et fait  intervenir des acteurs de natures très diverses aux intérêts variés,  parfois contradictoires. Le second réside dans le choix des trois grands  défis qui ouvrent le document, et leur ordonnancement inédit. Ces trois  défis introduisent la notion de « robustesse », déclinée à la fois et  successivement comme robustesse sociale, robustesse environnementale et  enfin robustesse économique.</p>
<p>Une fois succinctement décrits ces  éléments de contexte, il faut aussi revenir sur un élément nouveau des  dérèglements d’urbanisme dans chacun des pays de l’union européenne :  l’obligation d’annexer à tout projet d’aménagement d’une évaluation  environnementale de l’ensemble des impacts générés par ces futurs  aménagements est tout à fait salutaire. Mais cette démarche reste encore  tâtonnante : il aura fallu inventer des outils, adapter des indicateurs  et réaliser une étude prospective la plus rationnelle possible, tâche  d’autant plus sensible que nous savons être dans une configuration  d’avenir incertain où il s’avère extrêmement difficile de conserver une  démarche d’expertise quand chaque introduction de nouveaux critères,  chaque choix de données interfère avec les convictions de chacun et  renvoie à des choix politiques.</p>
<p>Ce questionnement sur les orientations a  largement mobilisé l’ensemble des participants aux débats du schéma  directeur. Dès l’origine, la question de la valorisation des espaces  ouverts et du patrimoine environnemental de l’île de France a été  affichée comme l’une des quatre thématiques centrales du SDRIF. La  mosaïque des intervenants a permis, séance après séance, de faire  progresser la prise de conscience des enjeux stratégiques de la question  agricole chez chacun des acteurs, qu’ils soient élus, acteurs  économiques, syndicalistes, experts…, et globalement de la nécessité de  nourrir demain différemment12 millions de franciliens.</p>
<p>Renforcée par la crainte tout à fait  nouvelle que nos populations pourraient être confrontées à une crise  alimentaire de grande ampleur, les réflexions menées lors des travaux  ont permis d’introduire dans le document final un chapitre extrêmement  développé consacré au maintien de la biodiversité et à la dynamisation  de l’activité agricole. Les outils pour y parvenir, exposés dans la  dernière partie de cet article, sont parfois directement liés à  l’organisation de l’espace naturel (fronts urbains, gestion des  lisières, continuité biologique…), mais ils peuvent aussi s’insérer dans  d’autres chapitres. Ainsi, la règle des bourgs et villages pour limiter  les urbanisations nouvelles en zone rurale ; ou encore, l’introduction  de la notion de continuité fonctionnelle pour préserver les activités  agricoles, notamment en veillant à limiter le morcellement excessif des  parcelles ou à maintenir la possibilité de circulation des engins  agricoles.</p>
<p><strong><em>1 &#8211; Quelques aspects de  l’architecture globale du schéma directeur.</em></strong></p>
<p><strong>Un nouveau contexte  institutionnel.<br />
</strong>Jusqu’en 1995 et la loi de décentralisation dite « loi Pasqua  », seul l’État pouvait concevoir une planification stratégique pour la  région Île-de-France. Le passage de relais avec le conseil régional,  désormais pilote de l’élaboration de cette stratégie, s’opère  difficilement.<br />
D’une part, les services techniques du conseil régional sont bien moins  nombreux que les administrations de l’État, ce qui pose de lourdes  questions sur la capacité d’ingénierie régionale, malgré l’appui de  l’IAURIF. Cette difficulté a été en partie résolue grâce au renforcement  sensible du service Aménagement de la Région, et particulièrement par  la création d’une direction de la planification et de la stratégie  territoriale.<br />
D’autre part, et surtout, l’État n’accepte pas cette « amputation » de  ses compétences stratégiques. La tension croissante entre l’assemblée  régionale et le gouvernement, cristallisée par la nomination d’un  ministre de la région, Christian Blanc, entré en fonction en avril 2008,  est toujours incarnée à ce jour par le refus de l’État de transmettre  au Conseil d’État le projet définitif de SDRIF, adopté par l’Assemblée  régionale en septembre 2008 après avoir recueilli l’avis favorable de 6  départements franciliens (à l’exception des Hauts de Seine et des  Yvelines !) et surtout un avis favorable à l’unanimité de la Commission  de la plus importante enquête publique effectuée en France. A ce jour,  rien n’indique que le gouvernement soit décidé à respecter la loi «  Pasqua », et le Conseil Régional a adopté une résolution lui permettant  d’introduire un recours contentieux.</p>
<p>Mais cette tension ne doit pas masquer  l’ensemble des partenariats noués à d’autres niveaux, et  particulièrement, au regard du sujet qui nous préoccupe, les rapports  entre l’exécutif régional et la Chambre Régionale d’Agriculture.  Surmontant en effet tous les raccourcis qui auraient pu conduire à une  opposition politicienne, le travail de collaboration a été constant et  repose sur le constat d’une préoccupation commune : maintenir l’usage  agricole des sols arables en Ile de France. La crainte de la profession  agricole a été longtemps, et à juste titre, que les sols cultivés ne  soient qu’une sorte de vaste réserve foncière pour de futures extensions  urbaines. Et la spéculation sur les prix fonciers aidant, que les  agriculteurs en fin de carrière ou lassés par des conditions  d’exploitations de plus en plus difficiles acceptent de vendre pour de  la promotion immobilière. C’est à un double travail que nous nous sommes  donc attelés de concert, quels que puissent être par ailleurs les  points de vue de chacun sur les modes d’exploitations et les filières à  valoriser. Nous reprendrons ces débats ultérieurement !</p>
<p>Premier combat : faire reconnaître la  valeur de l’activité agricole, passer d’un vocabulaire de « protection »  à une notion fondamentale de « valorisation », donner une image de  dynamisme et de valeur intrinsèque à la production agricole (ce qui ne  va pas sans interférer avec le débat sur la nature de ce qui est  produit…). Il est frappant de constater qu’au moment des premiers  débats, parler d’agriculture « vivrière » en Ile de France faisait  sourire, voire exaspérait certains participants et que lors du vote  final sur le projet arrêté, en septembre 2008, cette notion est passée  sans la moindre remarque.</p>
<p>Deuxième front : stopper la consommation  d’espaces ouverts et inventer pour cela de nouveaux outils. Nous nous  sommes heurtés de plein fouet à l’Etat qui nous a accusés d’être en  contradiction avec l’objectif de construction de 1,5 million de  logements neufs en 20 ans. Il a fallu convaincre de la double nécessité  de construire ET de préserver des sols non construits, ce qui se résout  parfaitement si on admet la nécessité de limiter « réellement »  l’étalement urbain grâce à une certaine densification urbaine, à la  fabrication de ville « intense » c’est-à-dire plus compacte mais aussi  mieux conçue, mieux dotée en espaces verts de qualité, en transports  collectifs, en services publics… Ainsi, la protection de la « ceinture  verte », zone agricole marquée tant par la qualité des sols que par la  proximité urbaine et l’appétit foncier, passe dans le SDRIF par  l’interdiction absolue de consommer la moindre parcelle de terrain en  certains lieux particulièrement menacés : c’est ce que nous avons appelé  les « fronts urbains » dont nous verrons plus loin la définition  technique précise. Globalement, j’ai souvent évoqué une réplique célèbre  du Seigneur des Anneaux « Vous ne passerez pas ! » pour imager cette  limite cartographiée qui interdit en effet de construire au-delà d’une  frontière dessinée sur la carte générale de destination des sols, un des  éléments constitutifs et impératifs du SDRIF. Cette notion ne figurait  par jusqu’alors dans le droit de l’urbanisme français…et l’Etat a  d’ailleurs demandé au Conseil d’Etat une expertise juridique sur la  valeur de cette norme nouvelle !</p>
<p><strong>Une nouvelle donne politique.<br />
</strong>Ces débats sur la production agricole et sur la valeur des sols  ont eu lieu parce que nous avions globalement engagé une réflexion très  globalisante sur le modèle de société que nous projetions à l’échéance  2030. Cela a conduit à inverser les logiques « classiques » qui  prévalent à la rédaction traditionnelle des documents stratégiques. Nos  principaux contradicteurs ont crié au loup après l’adoption du premier  projet de schéma en février 2007, nous reprochant d’avoir sacrifié  l’économie à l’écologie ! Cet argument n’a d’ailleurs pas convaincu si  largement, puisque six des huit départements franciliens, ainsi que la  quasi-totalité des consulaires (à la seule exception de la CCIP) ont  émis un avis favorable sur le SDRIF. Je suis partie du constat que de  nombreux indicateurs annonçaient un bouleversement radical de nos modes  de production, de consommation et d’échanges. Cette « mutation »  annoncée devrait logiquement s’accompagner d’une série de crises,  qu’elles soient financières, écologiques ou sociales. D’où la nécessité  de penser un système « robuste », capable d’une forte résilience. Cela  s’est traduit par l’annonce, dans l’introduction du schéma directeur, de  trois défis fondamentaux que nous devions relever : celui de la  construction d’une « robustesse sociale » : pour traverser cette crise,  il nous faut consolider la cohésion entre les populations et les  territoires. Celui de la « robustesse environnementale : face aux  différents visages de la crise énergétique, à la crise de la  biodiversité, à la nécessité de penser différemment nos  approvisionnements pour les matières premières, nous devons inventer de  nouveaux processus pour la fabrication de biens ou de services, nous  devons réintroduire fortement les circuits courts et les cycles locaux  dans nos organisations territoriales. Celui donc de la « robustesse  économique » qui permet de penser différemment l’organisation des  échanges et la production de valeurs, notamment parce qu’elle prend en  compte la nécessité de relever les deux premiers défis !</p>
<p><strong>Une innovation réglementaire  européenne.<br />
</strong>L’évaluation environnementale du SDRIF répond à la directive  européenne dite « plans et programmes » et à sa transposition dans le  droit français par ordonnance 2004 &#8211; 489 du 3 juin 2004 et décret 2005 &#8211;  608 du 27 mai 2005. L’objectif de cette directive est d’assurer un  niveau élevé de protection de l’environnement et de contribuer à  l’intégration des considérations environnementales dans l’élaboration et  l’adoption de plans et programmes en vue de promouvoir un développement  durable. La charte constitutionnelle de l’environnement précise dans  son article premier : « chacun a le droit de vivre dans un environnement  équilibré et respectueux de la santé ». Par ailleurs, les concepts  d’empreinte écologique et de responsabilité écologique ont été avancés.  De façon plus large, une prise de conscience de la nécessité de  maîtriser la pression anthropique sur l’environnement naturel s’annonce  essentielle.<br />
La poursuite de la décentralisation, l’élargissement de la  mondialisation et le changement climatique constitue trois grandes  évolutions prégnantes du paysage global contemporain. Chacune d’entre  elles est porteuse de transformations importantes : il s’agit d’une  rupture dans les façons d’aborder la planification territoriale. C’est  précisément dans la prise en compte de cette rupture que le SDRIF puise  une partie de son caractère novateur.</p>
<p><strong><em>2 &#8211; Des choix affirmés pour  la valorisation des espaces ouverts.<br />
</em>Le maintien de la biodiversité.<br />
</strong>« Renforcer la robustesse aux aléas climatiques, c’est  renforcer la robustesse générale du «système francilien». Dès lors, il  faut penser différemment l’aménagement et d’urbanisme pour préserver et  utiliser rationnellement les ressources vitales, au premier rang  desquels l’espace et les sols. Limiter les impacts du changement  climatique global sur le territoire régional, c’est :<br />
- s’attacher à la réduction de la vulnérabilité des espaces et du  fonctionnement urbain face aux risques.<br />
- conforter le maillage des réseaux de transport d’énergie.<br />
- reconnaîtraient renforcer le caractère stratégique de la couverture  végétale, en particulier de l’ensemble des espaces boisés régionaux et  de la trame verte d’agglomération.<br />
- garantir la fonctionnalité des espaces agricoles, forestier et naturel  en évitant leur morcellement et en préservant les continuités et les  liaisons indispensables à leur valorisation, à la réduction de leur  vulnérabilité, à leurs possibilités d’évolution et à l’adaptation de  leur gestion.<br />
- maintenir la biodiversité au travers d’un réseau d’espaces naturels,  avec la préservation, voire la reconstitution de grands corridors  écologiques fonctionnels, notamment interrégionaux, pour permettre la  migration des espèces qu’ils peuvent. (…)<br />
Les écosystèmes fournissent gratuitement des ressources essentielles  comme un air de qualité, de l’eau, des sols productifs ou encore des  matières premières, et régule le système atmosphérique permettant de  limiter l’effet de serre. Dans le contexte mondial de la « sixième  extinction » de la biodiversité à laquelle est associée la dégradation  des principales fonctionnalités des écosystèmes, cet enjeu est essentiel  en termes de qualité de vie et en termes économiques. »<br />
Ce long extrait du SDRIF marque clairement l’évolution de l’état  d’esprit des acteurs qui ont concouru à son élaboration. Là encore, il  faut souligner la rapidité et l’importance de la prise de conscience qui  s’est opérée entre septembre 2004, date du lancement des débats, et  l’adoption du projet définitif en septembre 2008.</p>
<p><strong>Une nouvelle approche du système  régional et de la « métropole » parisienne.<br />
</strong>Les espaces ouverts sont structurants dans une organisation  urbaine polycentrisme.<br />
Les difficultés à enrayer l’étalement urbain montrent bien qu’il est  primordial de mieux intégrer la réflexion sur les espaces ouverts à  celle sur les espaces construits et réciproquement. Le concept «  d’espaces ouverts » recouvre l’ensemble des espaces agricoles,  forestier, naturel et des espaces verts urbains (parcs, jardins publics  ou privés). Ces espaces non construits et non imperméabilisés présentent  un avantage considérable, celui d’avoir un sol vivant, riche en  potentialités et permettant des adaptations, notamment en période de  mutation climatique ou énergétique.<br />
La préservation des espaces agricoles, forestier naturel implique une  approche spatiale et fonctionnelle particulière. D’un point de vue  spatial, il s’agit de préserver au maximum la compacité des espaces  (taille suffisante, faible morcellement, sans enclave). D’un point de  vue fonctionnel, il s’agit de maintenir et de restaurer les continuités  écologiques, les circulations des engins et les pénétrantes agricoles et  boisées, de maintenir les grands équipements des filières agricoles et  des filières bois et d’en assurer l’accès. En clair, le SDRIF introduit  le principe à la fois de continuité biologique mais aussi de continuité  fonctionnelle, qui figurent clairement sur la carte générale de  destination des sols. Ces continuités ne peuvent être rompues par aucune  construction d’infrastructure ou d’immeuble : le SDRIF précise qu’ « en  ceinture verte et dans les secteurs de fortes pressions urbaines, plus  particulièrement, les réseaux des espaces agricoles, forestiers et  naturels stratégiques doivent être identifiés et protégés ».</p>
<p><em>3 &#8211; Une large palette d’outils.<br />
</em><strong>Les Fronts urbains.<br />
</strong>Dans sa partie 3, qui définit les orientations opposables, le  schéma directeur précise les limites des capacités d’urbanisation : «  l’urbanisation doit se faire en continuité du bâti existant, sous  réserve de ne pas porter atteinte à une continuité écologique, une  coupure d’urbanisation, une continuité agricole, une liaison verte une  lisière d’un espace boisé, où un front urbains d’intérêt régional  représenté sur la carte de destination générale des différentes parties  du territoire. Les fronts urbains d’intérêt régional situé en ceinture  verte, figuraient par un trait de couleur marron sur la carte de  destination générale des différentes parties du territoire sont  intangibles. Aucune urbanisation nouvelle ne peut les franchir. »</p>
<p><strong>Les espaces agricoles.<br />
</strong>Dans les espaces considérés comme agricoles (et cartographiés  comme tels), sont exclus tous les usages susceptibles de nuire à  l’activité agricole ou de nuire à sa pérennité.<br />
Les espaces agricoles à protéger correspondent :<br />
- dans l’espace rural, aux grands territoires agricoles et ruraux  homogènes, dont la fonction de production est dominante.<br />
- en ceinture verte, aux entités agricoles qui s’inscrivent dans un  réseau d’espaces ouverts, formant de grandes pénétrantes dans  l’agglomération.<br />
- en trame verte d’agglomération, aux unités agricoles fonctionnelles  malgré le remplacement.<br />
Ces espaces sont indiqués en jaune sur la carte de destination générale  des différentes parties du territoire. Ne figurent pas sur la carte des  espaces agricoles d’une superficie inférieure à 5 ha dans  l’agglomération centrale et à 15 ha hors agglomération centrale. Ils  sont toutefois à préserver s’ils sont fonctionnels et nécessaires à la  viabilité de l’exploitation agricole.<br />
Dans le cas contraire, l’aménagement de ces espaces doit permettre d’en  conserver une partie en espaces ouverts.</p>
<p><strong>Les lisières de forêt.<br />
</strong>Concernant les espaces boisés, les objectifs sont notamment de  maintenir une forêt multifonctionnelle durable, d’éviter la  déstructuration des espaces forestiers par l’urbanisation, de poursuivre  sa protection, et de repositionner la forêt francilienne face à de  grands facteurs d’évolution externe, énergétique et climatique.<br />
« L’intégrité des boisées fourrées doit être assurée pour les massifs  boisés de plus de 1 ha. Dans le cœur d’agglomération, cela s’applique au  bois de plus de 0,5 ha. Les lisières des espaces boisés doivent être  protégées : en dehors des sites urbains constitués, à l’exclusion des  bâtiments à destination agricole, toute nouvelle urbanisation ne peut  être implantée à une  distance d’au moins 50 m des lisières des bois et  forêts représentées sur la carte de destination générale des différentes  parties du territoire. La vocation multifonctionnelle de la forêt doit  être favorisée. »</p>
<p><strong>Les continuités, les coupures  d’urbanisation et les liaisons vertes.<br />
</strong>Les continuités, coupures d’urbanisations et liaisons vertes,  doivent être maintenues ou créées sur les secteurs dont le développement  pourrait grever l’intérêt général de préservation/valorisation des  espaces ouverts et leur fonctionnement.<br />
Les continuités agricoles doivent être maintenues ou restaurées pour  assurer la pérennité des entités agricoles et leur capacité  d’adaptation.<br />
Les liaisons vertes doivent assurer le maillage des espaces verts du  cœur d’agglomération, des espaces ouverts de la ceinture verte et des  grands espaces forestiers et naturels de l’espace rural. Ce réseau est  également à connecter aux grandes liaisons « bleues » des vallées.<br />
Ces espaces sont à considérer sous l’aspect spatial et sous l’aspect  fonctionnel. Sur la carte, les continuités écologiques ou les coupures  d’urbanisation sont indiquées par des flèches vertes à double trait ;  les continuités agricoles ou les liaisons vertes sont indiquées par des  flèches vertes à simple trait. Les simples traits signifient une logique  de franchissement ou de circulation. Les doubles traits signifient une  logique de continuité spatiale large. Ces flèches représentent les zones  ou territoires à enjeux.<br />
Différentes cartes figurant dans le SDRIF (le système régional des  espaces ouverts, le système régional fonctionnel des espaces agricoles,  boisées et naturelles, le schéma de connexion écologique) montrent de  façon indicative les réseaux de continuité et de liaison au niveau  régional et l’emplacement des espaces ouverts concernés.</p>
<p>La question particulière des  infrastructures de transport.<br />
Le principe de continuité des espaces ouverts est suffisamment récent  pour que l’on puisse craindre sa non-application quand il est en conflit  avec, par exemple, un projet d’infrastructures nouvelles. Nous avons  donc précisé, chapitre 3 du SDRIF, l’orientation suivante : « la  fragmentation des espaces agricoles et des espaces boisés par les  infrastructures de transport doit est évités compenser, et les  continuités rétablies. » Reste à espérer, outre la transmission du  document au Conseil d’État !, la vigilance des acteurs pour faire  respecter cette orientation fondamentale.</p>
<p><strong><em>Un vœu qui s’applique, en guise de conclusion, à l’intégralité  du SDRIF : un document d’urbanisme ne peut pas tout dire, il ne peut  que tenter d’organiser pour un temps, une certaine volonté de vivre  ensemble. De ce point de vue, il me semble que la convergence des  acteurs sur quelques principes fondamentaux pour l’avenir a fortement  vécu pendant ces quatre années. L’essentiel reste à accomplir : la mise  en œuvre patiente et obstinée du schéma directeur régional, grâce à la  mobilisation croissante autour des principes que nous y avons inscrits.</em></strong></p>
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		<title>Appel pour des Etats Généraux de l’Emploi</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 19:43:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>metrodurable</dc:creator>
				<category><![CDATA[Emploi]]></category>

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		<description><![CDATA[
Il y a déjà 3,7 millions de chômeurs inscrits au  Pôle Emploi et l’OFCE annonce 800.000 chômeurs supplémentaires en France  d’ici fin 2010 !
Hélas, dans la lutte contre le chômage, depuis deux ans qu’il est  élu, Nicolas Sarkozy n’a rien fait. Rien de sérieux ! C’est la première  fois depuis 30 ans qu’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Il y a déjà 3,7 millions de chômeurs inscrits au  Pôle Emploi et l’OFCE annonce 800.000 chômeurs supplémentaires en France  d’ici fin 2010 !</p>
<p>Hélas, dans la lutte contre le chômage, depuis deux ans qu’il est  élu, Nicolas Sarkozy n’a rien fait. Rien de sérieux ! C’est la première  fois depuis 30 ans qu’une équipe arrive au pouvoir et affiche une telle  désinvolture sur cette question.</p>
<p>Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a  dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la  situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite !</p>
<p>Nous, signataires de cet Appel, nous exigeons du Président de la  République la convocation immédiate d’Etats généraux de l’emploi. Ces  Etats généraux de l’emploi doivent rassembler tous ceux et celles qui  peuvent faire des propositions contre le chômage et la précarité :  syndicats, patronats, économistes, mouvements de chômeurs,  collectivités, élus issus de toutes les forces politiques du pays,  associations…</p>
<p>Pour que les résultats de ces Etats généraux soient à la hauteur des  enjeux et ne déçoivent pas les citoyens, il faut que toutes les forces  en présence se fixent un objectif mobilisateur et qu’elles acceptent de  travailler ensemble aussi longtemps qu’il le faudra pour construire un  nouveau Pacte social permettant de diviser par deux le chômage. &gt; Créer 2 millions d’emplois</p>
<p>Oui, voilà l’objectif : créer 2 millions d’emplois -de vrais emplois-  pour diviser par 2 le chômage, rééquilibrer le partage salaires /  bénéfices et redonner du pouvoir d’achat à l’ensemble des ménages.</p>
<p>Le 19 février, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond  Soubie, a insisté sur le &laquo;&nbsp;caractère ponctuel des mesures sociales&nbsp;&raquo;  annoncées la veille par le Président. &laquo;&nbsp;Ce sont des mesures pour 2009. Ce  ne sont pas des mesures qui ont vocation à être reconduites.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Nous ne pensons pas qu’on pourra sortir de la crise uniquement avec  des mesures ponctuelles. Nous pensons au contraire que la crise doit  être l’occasion d’un véritable sursaut collectif, l’occasion de  construire un nouveau pacte social.</p>
<p>En 1982, à Wassenaar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris  quelques mois pour négocier un nouveau contrat social : temps de  travail, formation, fiscalité, aides aux PME, code du travail, politique  de recherche, indemnisation des chômeurs, financement des retraites…  Tout a été mis sur la table, sereinement, afin d’arriver à un ensemble  de propositions qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le  chômage et la précarité.</p>
<p>De même, en France, au bout de 30 ans de crise, il est temps de  &laquo;&nbsp;prendre la taureau par les cornes&nbsp;&raquo; et de réunir pendant deux ou trois  mois tous les acteurs concernés, afin de construire un nouveau contrat  social qui permettra de diviser par deux le chômage et la précarité.</p>
<p>Pour atteindre cet objectif, les Etats généraux devront étudier sans  tabou ni exclusive toutes les propositions présentes dans le débat  public, y compris –notamment- les 7 propositions du collectif Nouvelle Donne.</p>
<p>Le 5 février, lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a  dit qu’il envisageait de réunir un Grenelle social. Vu la gravité de la  situation, il ne suffit pas l’envisager. Il faut le faire. Et vite ! Il  en va de l’avenir de notre République.</p>
<p><a href="http://www.etatsgenerauxemploiecologie.net/agir" target="_blank">Signer  l’appel</a></p>
</div>
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		<item>
		<title>Nicolas Sarkozy, le grand &quot;recentralisator&quot;, par Denis Baupin, Catherine Candelier et Mireille Ferri</title>
		<link>http://www.verts-regionidf.net/?p=18</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 17:09:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>metrodurable</dc:creator>
				<category><![CDATA[Territoires]]></category>

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Paru dans Le Monde &#8211; 13 juillet 2007
Depuis le 6 mai, nous sommes entrés dans un  nouveau régime : celui du président omniprésent, omniscient, omnipotent.  Non content d’empiéter quotidiennement sur les plates-bandes de ses  ministres, de mettre au pas l’UMP, de nommer ses fidèles aux postes clés  de la préfectorale et des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<address><span style="color:#ff0000;">Paru dans Le Monde &#8211; 13 juillet 2007</span></address>
<p>Depuis le 6 mai, nous sommes entrés dans un  nouveau régime : celui du président omniprésent, omniscient, omnipotent.  Non content d’empiéter quotidiennement sur les plates-bandes de ses  ministres, de mettre au pas l’UMP, de nommer ses fidèles aux postes clés  de la préfectorale et des médias, il veut maintenant faire main basse  sur les régions, à commencer par la première d’entre elles,  l’Ile-de-France. Sarkozy, ça n’aura jamais été l’Etat impartial, mais  c’est déjà l’Etat &laquo;&nbsp;imperator&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;recentralisator&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Au moment où les grandes démocraties européennes fondent leur  développement sur la dynamique régionale et le fédéralisme, la France  serait-elle en passe d’en revenir aux archaïsmes du jacobinisme, de la  centralisation à outrance, de la mise sous tutelle des collectivités  locales ? Selon l’ancien maire d’une des communes les plus riches de  France (Neuilly) et de l’ancien président du conseil général du plus  riche département français (les Hauts-de-Seine), il serait temps de  reprendre en main le schéma directeur de la région Ile-de-France  (Sdrif), le &laquo;&nbsp;Grand Paris&nbsp;&raquo; et ses infrastructures.</p>
<p>Son offensive principale porte sur le Sdrif. C’est tout sauf anodin. A  l’issue de la plus grande concertation jamais menée en Ile-de-France,  avec l’ensemble des élus, des acteurs économiques, sociaux et  associatifs et avec les citoyens &#8211; au travers de questionnaires et de  conférences citoyennes -, le conseil régional a en effet adopté, en  février, son projet de schéma directeur qui entend faire de  l’Ile-de-France la première éco-région d’Europe.</p>
<p>Pour affirmer cette ambition, ce schéma directeur s’attaque à toutes  les vaches sacrées du développement économique gaullo-productiviste : il  souligne le nécessaire rééquilibrage Est-Ouest, il prône la fin de  l’étalement urbain par une densification raisonnée du coeur  d’agglomération, la construction de 60 000 logements par an (dont 30 %  de logements sociaux y compris dans les villes les plus riches), la  priorité aux transports collectifs. Le Sdrif remet en cause les vieilles  conceptions de l’aménagement du territoire qui ont amené à ce que des  villes et des quartiers soient laissés en déshérence. Il promeut un  aménagement qui anticipe les mutations climatiques et énergétiques à  venir en mettant en avant le concept de ville dense et  multifonctionnelle. Crime de lèse-majesté, enfin, il n’hésite donc pas à  s’opposer à l’extension du quartier d’affaires de la Défense et à la  construction de nouvelles autoroutes dans la région.</p>
<p>Ceux qui avaient naïvement cru que la signature du pacte de Nicolas  Hulot, la nomination d’un super-ministre du développement durable et la  convocation d’un Grenelle de l’environnement valaient conversion du chef  de l’Etat en premier écologiste de France en seront pour leurs frais.  Certes, il s’est prononcé en faveur d’une rocade de métro (projet d’ores  et déjà prévu sous le nom d’Arc Express), évidemment sans exprimer la  moindre intention de l’Etat de s’y impliquer financièrement. Mais il a  surtout insisté sur des projets qui en disent long sur le développement à  deux vitesses qu’il voudrait imposer à la région : la concentration des  emplois à la Défense (aux dépens des quartiers les plus pauvres de  l’Est), l’enfouissement de la RN13 dans sa bonne ville de Neuilly (pour  un coût avoisinant le quart de celui de la rocade de métro !) et la  construction de CDG-Express, une infrastructure ferroviaire dédiée aux  golden boys afin qu’ils puissent rejoindre plus rapidement l’aéroport de  Roissy sans s’arrêter dans les contrées défavorisées de l’Est, pour  éviter d’y côtoyer la plèbe !</p>
<p>En feignant d’ignorer que le projet du Sdrif sera soumis à enquête  publique à l’automne, le président &#8211; toujours conseiller général des  Hauts-de-Seine &#8211; s’assoit sur la loi de février 1995 qui confie  l’élaboration du schéma à la région. La rupture promise se révèle une  rupture antidémocratique.</p>
<p>Quant à l’idée du &laquo;&nbsp;Grand Paris&nbsp;&raquo;, elle part certes d’un constat juste &#8211;  l’incapacité de raisonner à la seule échelle parisienne, sans structure  intercommunale. Mais qui peut croire, à l’heure de la décentralisation,  qu’un tel projet pourrait s’élaborer d’en haut, dans les ministères,  sans la participation, le débat, l’adhésion des élus et des citoyens ?  Si les frontières administratives doivent être dépassées, cela ne  saurait se faire par un simple renforcement du centralisme d’un  territoire qui a vocation à favoriser son polycentrisme. Nous pensons au  contraire qu’une telle démarche n’a de sens que si elle se construit  autour d’un projet commun, construit collectivement et accompagné d’un  renforcement des compétences de la de la région en matière d’aménagement  du territoire.</p>
<p>Nous en sommes convaincus : l’avenir n’est pas au retour à l’Etat  pompidolien. Il est, au contraire, à la décentralisation et au  fédéralisme. L’avenir n’est pas à la concentration du pouvoir et des  richesses sur quelques territoires. Il est au rééquilibrage et au  désenclavement des quartiers en difficulté. L’avenir n’est pas à une  intercommunalité fondée sur la volonté de contrecarrer les projets de la  région, mais à une intercommunalité de projets s’insérant dans l’espace  régional, cohérent. Il n’est pas aux infrastructures autoroutières et  au productivisme, mais aux projets de transports collectifs et à une  région économe et durable. Au président d’accompagner de véritables  moyens financiers ses discours concernant le logement social et les  infrastructures de transports en commun.</p>
<p>Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, chargé des transports ; Catherine Candelier, vice-présidente du groupe Verts au conseil régional  d’Ile-de-France ; Mireille Ferri, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France,  chargée de l’aménagement du territoire</p>
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		<title>Meilleurs vœux à tous les territoires !</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Apr 2010 17:04:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>metrodurable</dc:creator>
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Publié sur Mediapart 
26/01/2010 &#8211;  11:25
A l’aube de l’année  nouvelle, et après l’écoute attentive des traditionnelles cérémonies des  vœux en Ile de France, un souhait unanime semble être formulé pour les  territoires : soyez attractifs à tout prix!
Malheureusement, cette  simplification inhérente à la communication et au marketing est  insuffisante pour [...]]]></description>
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<p><strong><em>Publié sur Mediapart </em></strong></p>
<p><strong>26/01/2010 &#8211;  11:25</strong></p>
<p>A l’aube de l’année  nouvelle, et après l’écoute attentive des traditionnelles cérémonies des  vœux en Ile de France, un souhait unanime semble être formulé pour les  territoires : <strong>soyez attractifs à tout prix!</strong></p>
<p>Malheureusement, cette  simplification inhérente à la communication et au marketing est  insuffisante pour préparer les territoires aux différents défis  simultanés qu’ils ont à relever et risque de créer de nouvelles formes  d’investissement territoriales vaines. Et persévérer dans une telle  ligne malgré les contre-performances et les avertissements est un choix  stratégique qui mérite d’être discuté.</p>
<p>La façon dont  l’extension de La Défense et le dossier du Grand Paris sont traités,  uniquement sous l’angle des affaires et du « rayonnement », parachèvent  une tradition que les pôles de compétitivité ont incarné il y a quelque  temps et que les « métropoles » préparées par le gouvernement  perpétuent : le territoire doit avant tout être labellisé pour annoncer  aux acteurs économiques au monde qu’il est prêt pour le développement  économique. La publicité faite aux éco-quartiers et aux éco-cités en est  un avatar supplémentaire.</p>
<p>L’audience des thèses de Saskia Sassen  sur la « ville globale » et son classement les métropoles a été telle  que ce type de palmarès a suscité un vaste mouvement de réflexion sur  les stratégies de métropolisation. Mais S. Sassen attire l’attention  aujourd’hui sur les simplifications qui sont faites et sur  l’indispensable interrogation des paradigmes dominants, en géographie  économique et en développement local par exemple, qui encouragent la  diffusion de « modèles » de développement urbain aboutissant surtout à  ce que David Mangin a appelé des « villes franchisées », aux rendements  décroissants et la création d’espaces urbains dupliqués.</p>
<p>L’urbanisme est désormais avant tout  sollicité au service de la stratégie d’attractivité des villes, et la  responsabilité des urbanistes est engagée en la matière. Comme l’avait  si bien montré François Ascher (2001), il est le plus souvent demandé  aux urbanistes d’élaborer un projet consensuel susceptible de  tranquilliser les investisseurs sur la pérennité de certains choix : le  projet devient la preuve manifeste qu’il existe une claire stratégie de  développement.</p>
<p>Les théories de l’attractivité et les  recettes visant à développer l’innovation sur les territoires présentent  des résultats mitigés et apparaissent incomplètes, fragmentées, souvent  contre-productives à terme en proposant des systèmes coûteux en  investissements et en ressources, et au final ségrégatifs et  monofonctionnels. Elles déterminent des modèles de spécialisation  territoriale controversés et polémiques, comme l’évolution du « quartier  » de la Défense ou les projets d’aménagement du plateau de Saclay  l’attestent.</p>
<p>On mesure par contraste combien dans ces  stratégies sont sous-évalués les graves inégalités qui caractérisent  les processus de métropolisation. La métropole francilienne est  parcourue de clivages, avec des écarts croissants entre, d’une part, les  « élites mondialisées » et les personnes hautement qualifiées des  secteurs tertiaires supérieures, et, d’autre part, les personnels peu  qualifiés nécessaires au bon fonctionnement de l’économie  métropolitaine.</p>
<p><strong>Ne  serait-il donc pas plus opportun de formuler le vœu d’une autre  gouvernance du « Grand Paris » en 2010 ?</strong></p>
<p>Les politiques  d’aménagement du territoire, urbain, qui combine les échelles locales et  l’échelle métropolitaine sont devenues les principaux leviers  susceptibles d’orienter le développement économique, tandis que l’Etat,  dans le cadre de la politique de la ville, n’est plus désormais qu’un  simple animateur d’une politique plus sociale qu’urbaine.</p>
<p><strong>Il nous faut travailler sur  la redécouverte des continuités entre espaces naturels et espaces  urbains</strong>, de repartir du local pour proposer d’autres  représentations du territoire, d’autres modes de lecture, porteurs  d’appropriation par les habitants et d’innovations sociales, à l’instar  des « Nouveaux quartiers urbains ».</p>
<p><strong>Il nous faut  agir afin que les projets économiques </strong><strong>travaillent à résorber les inégalités.</strong> Les villes sont trop considérées comme les zones d’   « expérimentation » d’un marketing porté par des acteurs spécialisés, au  risque de découper les villes en morceaux, déclinés sous des  thématiques différentes, qu’il s’agisse des parcs à thème ou d’autres  « pôles d’excellence » répartis dans l’espace urbain en fonction de  spécialités mises en exergue.</p>
<p><strong>Les schémas d’aménagement au  niveau régional, doivent considérer conjointement l’urbanisme, le  logement, les transports et l’aménagement du territoire, comme l’a fait  le SDRIF. </strong>L’image d’une ville « divisée » a un effet négatif  sur l’attractivité. La cohésion sociale doit donc être le fondement sur  lequel créer un environnement attractif. L’idée clé est de faire  profiter une plus large partie de la population des effets (en termes  d’emplois) induits par la régénération économique qui viendrait de  l’attractivité exercée sur les entreprises. Les nouvelles opportunités  économiques doivent être offertes non seulement aux extérieurs (ceux qui  ont été « attirés »), mais aussi aux locaux.</p>
<p><strong> Il est urgent de promouvoir  un « modèle » d’équilibre entre compétitivité et coopération</strong>,  qui réconcilierait les tensions nées des concurrences avec les enjeux  « républicains » de la redistribution, de la péréquation et de  l’équité territoriales ; et prendre plus au sérieux la question de la  désignation des acteurs légitimés à élaborer et à porter les projets  d’attractivité. Par exemple pour qu’ils sachent résoudre la  question de l’ancrage de l’innovation en en maîtrisant les  conditions d’apparition, les usages et les effets à long terme sur un  territoire.</p>
<p>On ne peut qu’espérer que les  élections régionales seront l’occasion de proposer une réponse décisive à  la question de l’attractivité, afin que celle-ci soit pérenne et serve  l’intérêt des habitants pour aujourd’hui et pour préparer demain.</p>
<p><strong> Mireille Ferri</strong></p>
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